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La notion d'Etat est assez complexe. C'est un terme polysĂ©mique et on peut trouver plusieurs dĂ©finitions de cette notion. La dĂ©finition traditionnelle de l'Etat se fait Ă travers les Ă©lĂ©ments constitutifs de l'Etat.Â
La convention de Montevideo en 1993 énonce 4 qualités pour être un Etat sur la scène internationale: un territoire, une population, un gouvernement et la capacité à entrer en relation avec un autre Etat.
Au sens juridique, on peut dĂ©finir un Ă©tat comme une entitĂ© de droit international. C'est un groupement d'hommes fixĂ© sur un territoire dĂ©terminĂ© avec une autoritĂ© politique exclusive. C'est la forme la plus rĂ©pandue d'organisation sociale et sociĂ©tale. C'est une rĂ©alitĂ© anthropologique, un concept, un phĂ©nomène de groupe d'homme qui vivent ensemble et partage des points communs.Â
Un Etat doit ĂŞtre souverain, il doit dĂ©tenir le pouvoir de commandement supĂ©rieur. Il doit ĂŞtre indĂ©pendant afin de garantir l'Ă©galitĂ© avec les autres Etats. On impose rien Ă un Etat souverain, tout repose sur sa volontĂ© et les limites ne peuvent venir que de lui. Â
Un Etat possède la personnalitĂ© morale. Cette fiction juridique permet d'expliquer les caractĂ©ristiques de l'Etat. Les agents de l'Etat sont des personnes distinctes de l'Etat qui est le seul titulaire de pouvoir, c'est le seul Ă pouvoir engager sa responsabilitĂ©.Â
Un territoireÂ
Espace gĂ©ographique sur lequel l'Etat exerce ses compĂ©tences. C'est la sphère d'exercice du pouvoir et cadre d'exercice de la souverainetĂ©. Un Ă©tat sans territoire n'e st pas un Ă©tat. C'est le pĂ©rimètre de vie d'une population. Elle comprend le sol et les sous-sols. Les frontières ne sont pas toujours continu, on peut avoir des territoires rattachĂ©s gĂ©ographiquement. C'est le cas des DROM (souvent l'hĂ©ritage d'anciens empires coloniaux). Il y a aussi des territoires dit Ă©clatĂ©s comme le Pakistan et des territoires entourĂ©s comme le Vatican. Les mers et les cĂ´tes font partie de la mer territoriale, jusqu'Ă 12 miles Ă partir de la cĂ´te l'Etat possède le mĂŞme autoritĂ© que sur le territoire terrestre. Au delĂ de la mer continentale, on parle de ZEE (Zone Economique Exclusive) et de haute mer. La partie atmosphĂ©rique qui surplombe le territoire terrestre et maritime appartient Ă l'Etat. Pour la partie extra-atmosphĂ©rique, il n'y a pas de lĂ©gislation, c'est totalement libre.Â
Une populationÂ
C'est la population sur laquelle l'Etat exerce sa souverainetĂ©. Chaque individu possède une nationalitĂ©, un lien juridique qui le rattache Ă un Etat. La nationalitĂ© d'un Etat peut ĂŞtre soumis Ă des conditions.Â
L'Etat est un phĂ©nomène humain social. Cette population Ă des liens tels que tous ensemble, ils sont considĂ©rĂ©s comme une Nation. C'est une population qui possède des similitudes. Les individus ont des points en commun qui permettent de les distinguer des autres communautĂ©s.Â
Comment distinguer une Nation ?
Il existe plusieurs thèses sur les Ă©lĂ©ments que l'on peut prendre en compte pour identifier une Nation: la thèse objective et subjective.Â
La thèse objective est appelĂ©e la thèse dĂ©terministe. Les liens qui unissent les diffĂ©rents individus doivent ĂŞtre objectifs: critères gĂ©ographiques (lieu de naissance et d'habitation), la religion, la langue.Â
La thèse subjectif est appelĂ©e thèse volontariste, elle est issue des idĂ©es des Lumières. L'Ă©lĂ©ment essentiel pour une Nation est avant tout un Ă©lĂ©ment subjectif: la volontĂ© pour une population de vivre ensemble qui est constatĂ© au sein d'une ou plusieurs communautĂ©s. Finalement c'est le principe de l'autodĂ©termination des peuples. Elle permet de prendre en considĂ©ration la volontĂ© des individus quelques soit leurs diffĂ©rences. Le groupe dĂ©cide de son appartenance: c'est l'Ă©tat-nation. C'est la rĂ©sultante de la volontĂ© d'un groupe d'individus qui se sentent suffisamment liĂ© pour constituer un Etat.Â
Une puissance politique exclusive
Cet Ă©lĂ©ment institutionnel considère qu'une puissance politique est une autoritĂ© supĂ©rieure. Elle va s'exercer sur une population et un territoire donnĂ©. C'est un système politique organisĂ© distinct des autres groupes sociaux. Cette puissance politique est exclusive pour l'exigence d'une organisation politique/juridique avec des organes Ă©tatiques. Cette puissance Ă©tatique va s'exercer au travers d'une personnalitĂ© juridique qui dĂ©teint la souverainetĂ©.Â
La personnalité juridique de l'Etat est une fiction pour donner une existence juridique à un groupe d'individu. L'Etat détient la personnalité juridique morale. L'Etat est la première personne morale de droit public: il a des droits et des obligations. Il détient un patrimoine, il peut conclure des contrats ou des traités et agir en justice. Cette personnalité juridique est en réalité un groupement de personnes physiques. Cette fiction permet de de comprendre les caractéristiques d'un Etat:
la personne de l'Etat est distincte de celle des gouvernants et des agents de l'Etat. Ceux-ci décident au nom de l'Etat, ils doivent exécuter ces décisions et les appliquer à l'Etat lui-même. L'Etat est le seul titulaire du pouvoir politique. Les gouvernants ne détiennent pas ce pouvoir propre mais l'exercent au nom de l'Etat. Ils sont titulaires de cette compétence. Les gouvernants engagent la responsabilité de l'Etat et non leur personne physique.
L'Etat dĂ©tient un patrimoine propre et distinct de la personne des gouvernants. Il n'y a pas de confusion des biens personnels des gouvernants et le trĂ©sor public.Â
la personnalitĂ© juridique de l'Etat permet d'assurer sa continuitĂ©, indĂ©pendamment des changements des gouvernants. La succession de gouvernants et de lĂ©gislature ne perturbent pas l'Etat. Il demeure.Â
La notion de souverainetĂ© signifie l'indĂ©pendance de l'Etat au sens de l'Ă©galitĂ© des Etats souverains. On ne peut pas imposer des dĂ©cision Ă un Etat, il est libre et donc souverain. C'est le critère absolu d'un Etat.Â
En rĂ©alitĂ©, l'Etat est soumis Ă quelques règles mais il s'y soumet volontairement. C'est une question de choix car la seule limite possible Ă la souverainetĂ© de l'Etat ne peut trouver sa source que dans la volontĂ© de cet Etat.Â
On distingue plusieurs sources de l'origine de l'Etat, en voici quelques unes:Â
Théologique
Le pouvoir Ă©tatique provient de Dieu pour guider les hommes. Le pouvoir de Dieu dans l'intĂ©rĂŞt des hommes.Â
Naturelle
Le pouvoir Ă©tatique provient de la nature, il est nĂ©cessaire. La formation de l'Etat est un phĂ©nomène naturel. Il n'est pas le fruit des hommes, il s'impose de lui mĂŞme. Cette thĂ©orie provient des analyses sociologiques de l'Ă©volution des sociĂ©tĂ©s.Â
Contractuelle
C'est la thĂ©orie des dĂ©rivĂ©es naturelles ou la thĂ©orie du contrat social soutenu par Hobbes, Locke et Rousseau. Les hommes indĂ©pendamment de tout liens vont renoncer de leur plein grĂ© Ă leur indĂ©pendance. Par un accord gĂ©nĂ©ral, ils vont mettre en commun leurs intĂ©rĂŞts pour le fondement d'un Etat. Â
Institutionnelle
Une organisation juridique et politique appelĂ© "appareil Ă©tat" va assurer le maintient de la perpĂ©tuation de la population sur le territoire. Il exerce ses compĂ©tences exclusives. Elle comporte 2 caractĂ©ristiques morales: la personnalitĂ© juridique et la souverainetĂ©. Selon Maurice Hauriou, c'est un phĂ©nomène consensuel, "constitue une institution fondĂ©e au dĂ©part par le groupe des dĂ©tenteurs du pouvoir et Ă laquelle les gouvernĂ©s ont ultĂ©rieurement apportĂ© leur adhĂ©sion".Â
Il existe plusieurs fromes d'Etat. On peut les organiser en 2 grandes catĂ©gories: unitaires et composĂ©s.Â
Un Etat unitaire n'a qu'un pouvoir lĂ©gislatif, un pouvoir exĂ©cutif et un pouvoir central. L'entièretĂ© du territoire doit obĂ©ir Ă la mĂŞme loi, c'est l'uniformitĂ© lĂ©gislative sur tout le territoire.Â
Il existe des sous-catĂ©gories Ă la notion d'Etat unitaire: les Etats concentrĂ© ou centralisĂ©, dĂ©concentrĂ© et dĂ©centralisĂ©.Â
L'Etat concentré ou centralisé (monarchie de l'Ancien régime)
Toutes les dĂ©cisions sont prises par les autoritĂ©s centrales, nationales et elles s’appliquent de manière identique sur l’ensemble du territoire. Cette typologie d’état unitaire est extrĂŞmement rare car elle pose des problèmes de logistique, des difficultĂ©s de gouvernance du territoire par le centre. Mais Ă©galement des problèmes de diversitĂ© territoriale. Dans l’histoire elles ont bien existĂ©s notamment la France sous la monarchie absolue, c'Ă©tait un Ă©tat unitaire centralisĂ© au sens oĂą on ne cherchait pas Ă prendre en compte les spĂ©cificitĂ©s locales, tout Ă©tait dĂ©cidĂ© par la monarchie, par Paris.Â
L'Etat déconcentré
Il y a un seul pouvoir lĂ©gislatif. Il y a un dĂ©placement de l'autoritĂ© du pouvoir central hors de la capitale. C'est un dĂ©placement des autoritĂ©s exĂ©cutives d'application de la loi qui doivent appliquer les dĂ©cisions du centre. Cette autoritĂ© va devoir vĂ©rifier l'application de la loi sur la totalitĂ© du territoire. Cette autoritĂ© est le prĂ©fet. Celui-ci devient une figure administrative.Â
Ils sont mis en place en 1800 pour assurer l’application de la loi nationale dans les différents territoires de la France. L’existence de ses autorités leur donne un pouvoir de décision sur les différents territoires afin d'adapter la politique nationale aux spécificités locales. Ces modifications permettent de prendre en compte les spécificités locales malgré le pouvoir de précision. Ces autorités sont nommés par le pouvoir central et soumises au contrôle hiérarchique du pouvoir central. En France, les préfets sont soumis au contrôle du ministère de l’intérieur.
L'Etat décentralisé (France)
Il y a un pouvoir législatif mais on laisse une plus grande autonomie aux territoires. La décentralisation se définit comme une reconnaissance juridique des collectivités distinctes de l'Etat. Ce principe d'autonomie et de la personnalité morale pour des raisons politiques, religieuses, ethniques, économiques et culturelles. Les collectivités n’ont pas le pouvoir de faire la loi, elles sont administratives. Les autorités décentralisées peuvent exécuter la loi, elles peuvent émettre des règlements validés au niveau local.
L’exécution des décisions centrales sont confiées à des émissaires du pouvoir politique central. On peut adapter l’application de la loi en fonction de certaines spécificités locales. Il y a la possibilité de révoquer ses agents locaux s’il ne respecte pas les ordres du pouvoir central. La principale critique de ce modèle est le manque de démocratie : certes les agents déployés sur le territoire connaissent mieux les besoins de celles-ci mais ce n’est pas la population locale qui décide pour elle-même, ils peuvent donc décider de révoquer eux même les agents locaux.
La dĂ©centralisation est la dĂ©lĂ©gation d’un certain nombre de compĂ©tence Ă des entitĂ©s locales : les collectivitĂ©s, qui peuvent avoir une autonomie dans la gestion des affaires proprement locales, la population locale peut Ă©lire des reprĂ©sentant politiques au nouveau de ses collectivitĂ©s, pour prendre des dĂ©cision spĂ©cifiques aux besoins locaux. Ce lien entre dĂ©centralisation et dĂ©mocratique, est Ă©tablie par Alexis de Tocqueville (1er comparatif des dĂ©mocratie), il Ă©crit au milieu du 19 -ème siècle, l’idĂ©e dĂ©mocratie locale. Son idĂ©e est que la dĂ©mocratie doit commencer au plus petit niveau, proche de la pop, c’est une sorte d’éducation Ă la dĂ©mocratie a plus grande Ă©chelle.Â
Elle est plus précisément communale. Un état décentralisé est plus démocratique car elle est présente à toutes les échelles du pouvoir, elle est proche des citoyens.
On trouve 2 formes d'états dits composés, ces 2 niveaux varient en fonctions du niveau 'autonomie des entités:
L'Etat régional ou à autonomie régionale (Italie)
Ce sont des Etats basé sur le principe de l'Etat l'unitaire mais les régions bénéficient d'une autonomie différente grâce à un transfert de compétence de l'Etat à la région. Le pouvoir des collectivités est donné par la Constitution, pas par des lois nationales. Dans les Etats régionaux détienne le pouvoir législatif mais pas sur les mêmes sujets que sur les Etats. Il y a 2 niveaux qui légifèrent mais sur les mêmes domaines. La répartition des compétences provient de la Constitution.
L'Etat fédéral (USA)
Ce sont des Etats Ă l'intĂ©rieur d'un Etat. Le pouvoirs central, c'est la fĂ©dĂ©ration: l'Etat fĂ©dĂ©ral. Les Etats composants la fĂ©dĂ©ration sont des Etats membres fĂ©dĂ©rĂ©s. Les Etats fĂ©dĂ©rĂ©s vont par l'acte fondateur de la Constitution fonder l'Etat fĂ©dĂ©ral. Des Etats ont mis en commun leurs intĂ©rĂŞts et leurs souverainetĂ©s pour ne former plus qu'un. Cependant ils conservent une certaine autonomie politique. C'est un Etat composĂ© oĂą coexistent 2 niveaux de pouvoir lĂ©gislatif. Il y a 2 ordres juridiques propres: l'Etat fĂ©dĂ©ral est dotĂ© d'une Constitution donnant les grandes lignes et orientations politiques qui guideront les Constitutions et lois des Etats fĂ©dĂ©rĂ©s. Ils possèdent une autonomie politique mais celle-ci doit ĂŞtre en accord avec la politique fĂ©dĂ©rale: ils conservent une partie de leur souverainetĂ©. Ils dĂ©teint une parti du pouvoir lĂ©gislatif, règlementaire, judiciaire (institution judiciaire propre Ă chaque Etat fĂ©dĂ©rĂ©) et de police (gestion des pĂ©nitencier et maintient de l'ordre).Â
Cette forme étatique est guidée par 3 grands principes:
- La superposition: 2 Ă©chelles coexistent sur un territoire. Dans chaque Etat fĂ©dĂ©rĂ©, il y a des organes Ă©tatique comme un Parlement, un gouvernement. Il y a aussi une superposition judiciaire les citoyens ne sont pas soumis aux mĂŞmes droits.Â
-L'autonomie: les Etats membres Ă©tablissent leur propres Constitutions et lois et ils choisissent leurs reprĂ©sentants. C'est une mise en commun de la souverainetĂ© pour crĂ©er un nouvel Etat plus consĂ©quent pour peser sur la scène international.Â
-La participation: la totalité des Etats membres doivent participer à l'élaboration des lois fédérales.
Les autres formes étatiques...
 Les confédérations ( USA jusqu'à 1787)
Ce mode d'organisation Ă©tatique n'existent plus. C'est une association d'Etat indĂ©pendants qui conservent leur souverainetĂ©. Souvent ce n'est qu'un mode d'organisation Ă©tatique de passage, il Ă©volue vers la fĂ©dĂ©ration. C'est une transition. Dans une confĂ©dĂ©ration, les Etats dĂ©lèguent dans un traitĂ© commun, l'exercice de certaines compĂ©tences Ă des organes communs pour assurer leur protection et leurs intĂ©rĂŞts communs. L'acte constitutif d'une confĂ©dĂ©ration est un traitĂ©: cela permet aux Etats de conserver leur souverainetĂ© surtout sur la scène internationale. Toutes les dĂ©cisions prisent dans les organes confĂ©dĂ©rales doivent ĂŞtre prises Ă l'unanimitĂ©.Â